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Ce lien qui nous unit

Pour la majorité des chiens, si ce n’est tous, la présence de l’homme n’est pas totalement nécessaire. Les relations établies avec lui peuvent alors sembler artificielles car nous avons besoin de l’obliger à rester avec nous grâce à des laisses, des colliers, des clôtures… Lorsque l’on aime les chiens, notre raisonnement logique serait alors de tout faire pour qu’il ne subisse pas notre présence mais la recherche.

Bon nombre de propriétaires, animés par cette envie, vont alors chercher à créer un lien, sans connaitre, ou croyant connaitre la communication canine. Le chien se retrouve alors face à un individu qui lui interdit des choses grotesques… « Pourquoi cet humain s’énerve dès que je le regarde dans les yeux et pourquoi me met-il sur le dos ? » Cette vision humaine erronée du comportement canin peut amener parfois à une interprétation curieuse de l’observation des couples maitres-chiens.
On peut voir des chiens se désintéresser complètement d’un humain qui va lui offrir une vie confortable, entourée de matelas à mémoire de forme et de peluche hors de prix.
Alors qu’à quelques maisons de là, le berger allemand du voisin, attaché à 1m50 de chaine, déborde d’affection pour son humain lorsqu’il lui apporte sa nourriture… en lui tapant deux claques brutes mais amicales sur le dos.
Le chien va se baser sur des relations amicales concrètes et immédiates.

Tout le monde a pu rencontrer des humains violents envers les chiens. Ces personnes peuvent afficher clairement cette façon de faire, en prônant souvent la supériorité de notre espèce. Et puis d’autres, la majorité rassurez-vous, établissent des relations bien plus amicales. Mais malgré ces bonnes volontés, il peut nous arriver de nous emporter et de perdre notre calme. Je ne parle pas forcement de violence physique impressionnante, parfois une exposition de notre chien a une contrainte, physique ou morale, bien trop importante pour ces capacités émotionnelle. Dans ces cas-là, nous nous en voulons. La situation, que ce soit un évènement du quotidien ou une séance d’entrainement, est un échec. Toutefois, il arrive que cet énervement débouche sur une résolution de problème, le chien a obéi, abdiqué, capitulé… D’un point de vue extérieur… c’est une réussite !

Un client effacé aura réussi à trouver la fermeté nécessaire.
Le chien inattentif, sera interrompu et à l’écoute.
Le chien qui craignait de franchir la passerelle en agility aura pesé le pour et le contre, entre la peur du vide et la peur de son humain, il optera pour la paix.
Si nous n’avons pas assez de recul sur les répercussions néfastes d’un tel évènement, nous en conclurons alors que cette colère fut salvatrice. Oui mais voilà, le lien de confiance qui unit l’humain au chien risque alors d’être endommagé. Cette colère, nous sommes je pense d’accord, représente notre impuissance. Ce client effacé, bien accompagné par un éducateur qui lui montre les outils, les façons de faire douces pour arriver à ses fins, augmentera ses capacités pédagogiques lors de ses futures séances. Le chien inattentif pourra être ramené à la situation en changeant de rythme de marche, de demande ou en intervenant sur l’environnement.
Le chien à qui l’on montre que la passerelle est synonyme d’évènements positifs, marchera volontiers dessus… il faut un peu de temps.

Avec la connaissance de ces méthodes d’éducation douces, certaines personnes confondent la gentillesse, la bienveillance avec la niaiserie et la fermeté, l’autorité avec la violence. Lorsque l’on utilise les méthodes positives d’éducation, on nous voit bien souvent comme des distributeurs a friandises, accompagnés d’un chien obèse sur un fond d’arc-en-ciel.

Non, ce n’est pas ça… Des contraintes, adaptées à l’état émotionnel du chien, peuvent être utilisées. La fermeté des demandes est parfois obligatoire car un chien qui ne respecte pas les règles de vie nécessaires pour vivre avec nous risque bien souvent de finir à l’adoption dans un refuge, voire pire… Mais nous pouvons rester fermes “Non, tu ne sautes pas au visage pour dire bonjour aux humains, tu es un Saint-Bernard ! Sinon tu attends seul dehors… » C’est une punition. La violence n’a pas lieu d’être et c’est le cas sur l’ensemble des problématiques.

Sachant cela, il faut savoir également qu’il existe certains points incontournables pour installer une relation de confiance. D’abord, une bonne lecture de la communication canine, savoir décrypter les signaux de mal-être pour pouvoir adapter notre approche. Notamment les précieux signaux d’apaisement, mais il en existe bien d’autres !

Autre point, avoir du matériel respectueux et adéquat. À la poubelle les colliers étrangleurs, à décharges électriques ! Mais attention également à l’acceptation parfois difficile d’un simple harnais. Faut-il en changer ou mettre en place une désensibilisation à ce matériel ? À vous d’en juger…

Ensuite, être sûr de soi… Comment prouver à notre chien peureux, qui hurle sur les autres chiens que tout va bien alors que nous nous liquéfions au premier aboiement de la balade ?

Enfin, respecter les émotions de notre compagnon. Nous sommes pressés tout le temps. Depuis notre tendre enfance, nos congénères nous poussent, bousculent notre être pour ne pas subir eux même les pressions des autres. Et nous sommes en retard… Souvent, tout le temps… Notre raisonnement humain nous sauve, nous avons accepté, pour certains, ces règles et nous nous rendons compte que si tout le monde prenait son temps, se serait l’anarchie (sujet à débattre un autre jour autour d’un thé n’est-il pas ?) Mais pour notre canidé adoré… Y a-t-il autant d’intérêt à se plier aux normes ? Ou, comme certains humains, ne peut-il simplement pas subir cette impatiente pression, en développant pour beaucoup des comportements dits « gênants ».

Les animaux voient la vie avec simplicité. Certains parlent d’opportunisme. Pourquoi pas ? Certains parlent de chiens qui tentent d’atteindre la suprématie en dominant l’humain (et pourquoi pas le monde?) Je les laisse parler…

Il faudrait pour son bien intérieur et pour le bien des autres que l’humain se rende agréable.
Pour cela, il serait utile qu’il gagne en finesse.
Si vous hurlez des ordres à votre chien car on vous a appris comme cela (l’actualisation des connaissances ainsi que les capacités auditives canines ne sont pas connues de tous les éducateurs canins), ayez comme objectif de lui parler…
Si vous lui parlez, de lui chuchoter.
Si vous lui donnez les claques amicales, ayez comme objectif de le caresser.
Si vous le caressez, de l’apaiser chaleureusement et en douceur.
Si vous vivez au côté d’un chien ayez comme objectif de savourer la vie avec lui…

Sandrine Verneaut
Education Canine “Les Caprices de Sirius”

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